Fleurs Nocturnes

Le plus souvent, c'est le soir que je lit. Le matin j'écris. Ce blog est dédié à mes lectures. Celles qui m'ont plu, et celles que j'ai reposées sur l'étagère en attendant des jours meilleurs.
Mais aussi à mes humbles écrits qui me libèrent et qui peut-être vous plairons.

mercredi 31 juillet 2013

Liberté Conditionnelle

Il a saisi son destin,
Pourquoi attendre demain ?
A délassé ses souliers
Pour lui libérer les pieds.

Débarrassé son manteau,
A enlevé son chapeau.
De ses yeux qui se voilent
A soulevé le voile.

Délier sa coiffure,
Mis ses cheveux dans l’azur.
A dés zippé sa robe
Brulée avec l’opprobre.

Arraché sa chemise
Jeté dans la Tamise. 
Dépoudré son visage,
Dégrafé son corsage.

Cherchant pour sa culotte
La rime dans ses bottes
Quand il a glissé les doigts,
Senti qu’el’ n’en avait pas.

A ôté ses bracelets,
Ses bagues et ses colliers.
Il pensait voir son âme,
Et ses tourments infâmes.

Dénouer son intrigue,
Enfin briser les digues.
Elle gardera son secret
Dans une prison dorée.


dimanche 28 juillet 2013

*Le désir est un avenir qui nous attire

Qu’est-ce que tu penses de cette réflexion ? L’amour n'est rien d'autre que l'accumulation de phantasmes et de désirs à l’idée de côtoyer une personne particulière et la vie à deux, n’est que la consommation de ces phantasmes. Si on n'est pas suffisamment créatif, on peut aller jusqu'à l'épuisement et ensuite par manque d’imagination, s’ennuyer à deux ou se disputer sans arrêt. Sans parler du fait, de découvrir un jour, que la personne en question ne correspond pas à aux rêves attendus.

Je ne songe pas à parler de la teneur des pensées ni même de leurs intensités. Je pense seulement au processus. C’est vrai, tous nos désirs et nos envies, qu’ils concernent le couple, les enfants, le travail, la nourriture, les hobbies ou même la possession d’un poisson rouge, sont de même nature. On rêve, on fait des projets et, en les réalisant, on les détruit inconsciemment mais surement.

Rappelles-toi comme tu étais heureuse en dénichant ce travail et comment tu l’as lâché quand tu as compris qu’il ne te correspondait pas. Pour les loisirs c’est la même chose, certains pédales sur des machines pour voir grossir leurs muscles et d’autres préfèrent rejouer des milliers de fois un air de guitare pour en améliorer le son. Pour les repas, c’est encore plus significatif, on se restaure tous les jours et le repas à peine fini, on se demande déjà ce que nous allons manger au prochain. On peut même, en excluant toute justice, comprendre celui qui se ronge le frein parce qu’il n’arrive pas à se décider sur la couleur de sa prochaine Mercédès.

L’idée de vouloir passer sa vie entière avec la même personne ne réside t’elle pas dans le fait de penser que la valeur de la parole donnée est plus valorisant que de frôler un jupon inconnu qui s’envole ou un biceps trop connu bien gonflé ?

Si les gens s’ennuient c’est qu’ils manquent de créativité. Je pense que la télévision en est une des causes. On appuie sur un bouton et on laisse défiler des images. On a des tas d’informations sur des tas de choses, mais plus on apprend, plus ne sait rien. On se satisfait facilement d’informations superficielles, ne faisant rarement de recherche pour compléter ses connaissances ou obtenir une compréhension. Avec internet, pour la majorité des gens, c’est la même chose, ils partagent des milliers de photos ou de citations bateau en quelques clics. C’est spectaculaire. La plupart du temps, ils ne prennent pas le temps de vérifier quoi que se soit ni même de réfléchir cinq minutes ou de s’exprimer. Par ailleurs, les gens qui n’on plus d’envi, ne croient plus à la vie et deviennent suicidaires ; c’est une maladie plus dangereuse que l’insatiabilité.

*Le titre est emprunté à Robert Misrahi

vendredi 19 juillet 2013

Le jardinier et la rose

Un vieux jardinier
Penché sur une rose
Veut l’examiner
Elle a quelque chose.

Mon dieu qu’elle est belle
Et qu’elle est délicate
Mais voila, sur elle
Il voit  un stigmate.

Est-ce une larme
Qui sur ce pétale
Dépose les armes ?
Il crie au scandale !

Ou bien la rosée
Aux grés de sa route
C’est accumulée
Formant une goutte.

J’ai vu tant de roses
Au fil des années
Jamais cette chose
M’était arrivée.

J’ai mis trop d’amour
Peu d’humilité
Je dois à mon tour
Etre condamné.

Il observe plus près,
La rose sévère
De son couperet
Déchire sa chaire.

Le sang sur une feuille
Tombe, et ainsi
Imprime son deuil
Pour toute une vie.

Par cette vengeance
Le jardinier su
et jura d’avance

Qu’elle ne l’aurait plus.

A ma grand-mère Henriette.

lundi 15 juillet 2013

Madame Hubert

Une femme s’adressant à sa voisine :
- Dites donc, madame Hubert, ça m’embête de vous dire ça, mais votre fenêtre de salle de bain donne directement sur mon jardin et mon mari vous regarde quand vous vous lavez. Vous devriez mettre un rideau !
- Ça n’a pas d’importance, madame Bertrand, c’est la nature, et les hommes sont comme ça.
- Mais il invite même des copains qui passent à venir voir !
- Ce n’est pas grave, ça lui passera.
Les deux jeunes femmes se quittèrent sur ce status quo. Et ne effet, madame Hubert avait raison, ça lui passa, quand il eut observé toutes les facettes de l’anatomie de sa voisine et tous les gestes qu’elle effectuait lors de ses ablutions intimes, il passait devant la fenêtre sans plus faire attention. Il ressentit même les préliminaires d’une conscience lui révélant avoir été un ridicule voyeur.

A son corps défendant, notre homme n’était pas seulement un spectateur fugace et vicieux, mais aussi un excellent jardinier. Par un magnifique matin de printemps, notre homme faisait un va-et-vient incessant devant la dites fenêtre, tant il avait de soucis avec du calendula rempli de pucerons. Prenant un bain fenêtre ouverte, sa voisine s’amusait beaucoup de ce spectacle insolite. S’adressant à lui, elle lui dit : « - Vous avez de superbes rosiers dans votre jardin, cette année, monsieur Bertrand ! » Il sortit subitement de ses pensées et, regardant ses chaussures puis le ciel sans ne savoir quoi répondre, Il se résigna et prit son sécateur. Choisissant la plus belle rose, il la cueillit et la posa délicatement sur le rebord de la fenêtre outrageuse. Dans une parfaite et totale nudité, la voisine sortit de son bain et s’en alla quérir un vase pour y déposer la rose. Elle cherchait le regard du jardinier qu’elle ne trouva pas, et l’on se demanda, à cet instant précis, lequel des deux protagonistes était le plus dénudé !